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Etats-Unis : les pneumopathies viennent-elles des cigarettes électroniques ? (non)

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« Dangers du vapotage », « le vapotage est-il dangereux ? », « Vapoter est-il dangereux ? ». Suite à l’épidémie de pneumopathies aux Etats-Unis, les médias feraient presque oublier que la cigarette fait 15000 morts par an en Belgique. Mais surtout, ils se trompent de sujet.

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Que se passe-t-il aux Etats-Unis ?

Nous en avons évidemment déjà parlé, mais au vu du traitement du sujet, il ne nous paraît pas inutile de refaire un point. Des centaines de cas de pneumopathies, causant au moins douze décès, sont apparus depuis la fin août aux Etats-Unis. Le cannabis a d’abord été pointé du doigt. Mais toute personne sensée et/ou impliquée de près ou de loin avec ce produit sait que le cannabis seul n’a rien à voir là-dedans. En revanche, tout ce qu’il y a autour, potentiellement.

Et c’est là la complexité de la situation : un unique produit n’a pu être identifié comme la cause de ces maladies. Les dénominateurs communs sont, dans la majorité des cas, des cartouches de THC achetées au marché noir. Tous ne répondent pas à ce critère : on a aussi vu du CBD synthétique ou des liquides sans cannabinoïdes. Trois responsables ont été mis en cause, sans qu’un seul ne soit présent dans la totalité des cas :

  • un solvant utilisé pour fluidifier l’huile THC, l’acetate de vitamine E notamment
  • des cannabinoïdes synthétiques
  • des métaux lourds dégagés lors de la montée en température de cartouches trop bon marché

Le succès des vape pen aux Etats-Unis tient en 3 points : discrétion, pratique pour microdoser, pas de combustion.

La cigarette électronique est-elle dangereuse ?

Alors qu’une crise du tabagisme chez les jeunes via des cigarettes électroniques très dosées en nicotine fait rage au même moment aux Etats-Unis, le débat s’est subtilement déporté de produits illicites et frelatés à base de cannabis vers la cigarette électronique, pourtant un des principaux moyens de réduction des risques pour les fumeurs qui consomment de la nicotine.

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Est-ce légitime ? Si les cigarettes électroniques et les vape pen partagent parfois un même fonctionnement, les produits consommés par leur intermédiaire sont tout à fait différents.

Les e-liquides consommés dans les cigarettes électroniques en Belgique sont composés de Propylène Glycol et de Glycérine Végétale (PG et VG), d’arômes adaptés à l’inhalation et de nicotine ou de CBD. Les e-liquides s’achètent en flacons qui viennent remplir et recharger les réservoirs des e-cigarettes.

Les cartouches de THC sont, elles, composées d’huile THC (le plus souvent du distillat ou Clear), de terpènes (souvent naturels et issus de fruits, rarement de cannabis, mais parfois synthétiques) et parfois d’un fluidifiant pour lier le tout. Les cartouches se vissent sur la batterie du vape pen et ne sont pas rechargeables.

La cigarette électronique est-elle sans risque ? Peut-être pas, le consensus scientifique n’est pas fait sur la totale innocuité du mélange PG/VG. A-t-elle causé ces pneumopathies aux Etats-Unis ? Absolument pas. Faut-il retourner vers la combustion ? A vous de choisir (un fumeur sur 2 meurt du tabagisme).

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La cigarette électronique est-elle dangereuse en Belgique ?

Les autorités sanitaires surveillent de près les produits mis sur le marché et encadrent strictement les formulations que les fabricants sont tenus de déposer. La cigarette électronique a permis de faire diminuer le nombre de fumeurs en Europe de six millions en 2017, plus que n’importe quelle politique de santé publique.

Et si on voulait chercher des poux à la cigarette électronique, il faudrait davantage taper vers les accidents liés à des e-liquides contenant des cannabinoïdes synthétiques. K2, Spice ou Buddha Blue, les noms diffèrent mais les effets sont les mêmes : paralysie, tachycardie, hallucinations, détresse respiratoire… Là aussi, des produits viciés vendus sous le manteau. Mais pas de quoi remettre en cause les e-liquides vendus en magasin.

Quel impact ont eus les médias sur les entreprises qui vendent du e-liquide ? Lionel Jean-Marie, Directeur chez Greeneo, nous explique :

« Bien sûr que l’industrie de la Vape, dans sa globalité, souffre des polémiques venant des Etats-Unis.

Concernant le CBD, nous avons de plus en plus de questions relatives à la provenance des matières premières, à la composition des liquides. Les professionnels, comme les consommateurs finaux ont besoin d’être rassurés, et c’est normal. Nous faisons preuve de beaucoup de transparence en mettant à disposition nos fiches de sécurité produits, nos analyses CBD / THC. L’acheteur, qu’il soit une boutique ou un consommateur doit disposer de documents rédigés en France et répondant aux exigences de la législation française.

Nous nous assurons aussi que nos matières premières sont d’origine organique : pas de CBD de synthèse, pas de cannabinoïdes de synthèse. Nos liquides sont exclusivement composés de PG, de VG, de CBD organique contrôlé et de terpènes naturels.

Nous sommes dans un marché encore nouveau et beaucoup de « produits » arrivent en France sans forcément se caler sur le cahier des charges imposé. Notre stratégie aujourd’hui, et je parle au nom de nombreux fabricants français, est d’ouvrir le dialogue entre toutes les parties du marché pour montrer que nos produits sont FRANÇAIS, manufacturés, embouteillés en France, dans le respect d’un cahier des charges strict et rigoureux. »

Dans la mesure où la cigarette électronique et ses e-liquides ne sont pas responsables des maladies respiratoires américaines, pourquoi les médias les assimilent à des produits frelatés ? Est-il trop dur de vérifier les informations ? De contacter des personnes « sachantes » ? Aucune idée. Mais le professeur Dautzenberg, tabacologue et ancien pneumologue, résume bien le traitement du sujet